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De la Chine et de quelques incertitudes…

L’épidémie de coronavirus a des répercussions sur l’économie de la deuxième puissance mondiale. Les Chinois vont-ils exporter leurs vins? Après mon septième voyage dans l’Empire du Milieu en six ans, lire ici cette pièce essentielle du dossier!

Ce mois de janvier, j’ai été mobilisé par des dégustations monstres — mille vins dégustés en janvier entre Bordeaux, Barolo et Barbaresco!

Vous ne dégustez pas? Eh bien, lisez! Comme ces trois ouvrages qui évoquent les vigneronnes, le bio et les vins dits naturels. Ou la presse sur Internet, que je relaie ici: l’étonnante nouvelle d’une machine qui désalcooliserait le vin dans les bistrots au moment de le consommer sans qu’on puisse déceler un changement de goût! A lire en… catalan, histoire de montrer que la langue est très proche du français. Et puis, Le Figaro a interrogé l’excellent sommelier Eric Beaumard sur les tendances du service du vin. Au moment où des scientifiques prédisent, si la Terre continue à se réchauffer, l’arrivée du grenache et du mourvèdre pour remplacer le pinot noir en Bourgogne et le retour de la carmenère à Bordeaux, deux articles tirés du site du quotidien Sud-Ouest. Avec, en prime, l’avis de Michel Bettane sur la redéfinition de l’AOC Bourgogne (amputée de Chablis au profit du Beaujolais). Sa conclusion demeure, malgré le retrait par l’INAO devant la levée de boucliers des Bourguignons «traditionnels»: «Cessons de mettre le mot terroir à toutes les sauces en le remplaçant par celui de vin de qualité».

Comment les vins suisses résisteront-elles au millésime 2020? On en vient presque à espérer un gel tardif de printemps, pour gommer la pression des stocks sur les ventes. Les Suisses, même s’ils sont, avec leurs hôtes-touristes, parmi les plus gros buveurs de vins de la planète, consomment moins. Et surtout, ils n’affichent que timidement leur «préférence nationale» parce que le protectionnisme du vin blanc indigène a laissé libre cours aux importations de vins rouges depuis la nuit des temps. Et dire que certains vignerons voudraient un retour à ce protectionnisme, mousseux et rouges compris, cette fois… Dans ce climat morose, la coopérative valaisanne Provins vacille. Le directeur de la coopérative, Raphaël Garcia, a cédé sa place, le 15 janvier, à un cadre à la tête d’entreprises de la Migros, le Zurichois Otmar Hofer. Selon la RSR, la transformation en société anonyme (SA), qui devait être soumise aux sociétaires le 27 février, serait ajournée. Il y a 90 ans exactement, Provins avait été créée pour contourner une crise de mévente. A Zurich, c’était alors les vins hongrois qui avaient pignon sur rue… dans la ville où Provins vient d’ouvrir une œnothèque, à deux pas de la gare, dans le nouveau quartier de l’Europaallee.

Peut-être que cette crise incitera les vignerons suisses à réfléchir sérieusement à la segmentation du marché que permettrait un réaménagement du système AOC-VDP en AOP-IGP. En se souvenant du lien ci-dessus (Michel Bettane et la Bourgogne). Un dossier qui ne fera pas partie du chantier de la politique agricole discutée ce printemps 2020 pour 2022… Pourtant, les vins suisses sont d’un excellent niveau qualitatif, comme en témoignent les résultats du Grand Prix du vin suisse, où la coopérative de La Côte vaudoise décroche le titre de «cave de l’année», et la Sélection des vins du Valais. Pour la première fois, un vin rouge bio (en reconversion) y a obtenu le meilleur pointage. Le bio, sous toutes ses formes diverses et variées, sauvera-t-il le vin suisse?

J’ai aussi fait récemment quelques jolies découvertes en Suisse… A l’étranger, hormis la Chine, je suis allé au Piémont, en Sicile, dans le Priorat espagnol — trois régions de grands vins! —, et à Orvieto qui se verrait bien surfer sur la vague du Prosecco…

Entre concours (Mundusvini, dans le Palatinat allemand, Mondial de Bruxelles, à Brno (République tchèque), finale du Grand Prix du Vin suisse à Sierre, etc.), tournée de vignobles (Crozes-Hermitage, les crus classés du Bordelais, le Piémont, la Sicile, l’Asie, etc.), c’est reparti pour un nouveau millésime…

Merci de me suivre régulièrement! — Pierre Thomas ©thomasvino.chtrusted journalist