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Vers quel millésime 20-20?

Bonne année!

2020, par les deux chiffres qu’il accole, sera forcément un millésime particulier: 20/20, vin-vin, win-win…

Dans une récente édition du quotidien Le Monde, les vins chinois et le rôle que les Français y jouent, était détaillé. Il y manquait un volet essentiel: voulue par le régime, la région du Ningxia doit désormais sortir de son ghetto de «flacons pour riches» et aller à la rencontre de la «classe moyenne». Voire de l’exportation — une nouveauté pour les vins chinois, si l’on excepte quelques «joint ventures» avec des Français et des Australiens. On était allé dans le fief de LVMH, à Ao Yun… Après mon septième voyage dans l’Empire du Milieu en six ans, lire ici cette pièce essentielle du dossier!

Et puis comment les vins suisses résisteront-elles au millésime 2020? On en vient presque à espérer un gel tardif de printemps, pour gommer la pression des stocks sur les ventes. Les Suisses, même s’ils sont, avec leurs hôtes-touristes, parmi les plus gros buveurs de vins de la planète, consomment moins. Et surtout, ils n’affichent que timidement leur «préférence nationale» parce que le protectionnisme du vin blanc indigène a laissé libre cours aux importations de vins rouges depuis la nuit des temps. Et dire que certains vignerons voudraient un retour à ce protectionnisme, mousseux et rouges compris, cette fois…

Dans ce climat morose, la coopérative valaisanne Provins vacille. Le directeur de la coopérative, Raphaël Garcia, a cédé sa place, le 15 janvier, à un cadre à la tête d’entreprises de la Migros, le Zurichois Otmar Hofer. Selon la RSR, la transformation en société anonyme (SA), qui devait être soumise aux sociétaires le 27 février, serait ajournée. Il y a 90 ans exactement, Provins avait été créée pour contourner une crise de mévente. A Zurich, c’était alors les vins hongrois qui avaient pignon sur rue… dans la ville où Provins vient d’ouvrir une œnothèque, à deux pas de la gare, dans le nouveau quartier de l’Europaallee.

Peut-être que cette crise incitera les vignerons suisses à réfléchir sérieusement à la segmentation du marché que permettrait un réaménagement du système AOC-VDP en AOP-IGP. Un dossier qui ne fera pas partie du chantier de la politique agricole discutée ce printemps 2020 pour 2022…

Pourtant, les vins suisses sont d’un excellent niveau qualitatif, comme en témoignent les résultats du Grand Prix du vin suisse, où la coopérative de La Côte vaudoise décroche le titre de «cave de l’année», et la Sélection des vins du Valais. Pour la première fois, un vin rouge bio (en reconversion) y a obtenu le meilleur pointage. Le bio, sous toutes ses formes diverses et variées, sauvera-t-il le vin suisse? J’ai aussi fait récemment quelques jolies découvertes en Suisse

A l’étranger, hormis la Chine, je suis allé au Piémont, en Sicile, dans le Priorat espagnol — trois régions de grands vins! —, et à Orvieto qui se verrait bien surfer sur la vague du Prosecco…

Entre concours (Mundusvini, dans le Palatinat allemand, Mondial de Bruxelles, à Brno (République tchèque), finale du Grand Prix du Vin suisse à Sierre, etc.), tournée de vignobles (Crozes-Hermitage, les crus classés du Bordelais, le Piémont, la Sicile, l’Asie, etc.), c’est reparti pour un nouveau millésime…

Merci de me suivre régulièrement!

Pierre Thomas ©thomasvino.chtrusted journalist